Nous subissons un prêt-à-penser médiatique : « Les grands journalistes sont presque toujours issus des mêmes écoles élitistes que de nombreux chefs de gouvernement. Ces journalistes considèrent que leur premier devoir n’est pas nécessairement de surveiller le pouvoir en place.  Nombre d’entre eux se considèrent plutôt comme des intellectuels préférant analyser les événements et influencer les lecteurs plutôt que reporter des faits et surtout de les vérifier ».

Nos critiques ne s’arrêtent pas là, elles vont jusqu’à souligner la composition du paysage médiatique français.

« Le secteur privé des médias en France – journaux, TV et radios – continue d’être dominé par un petit groupe de conglomérats, et tous les médias français sont plus régulés et soumis à des pressions politiques et économiques que leurs homologues américains ».

Et d’ajouter: « Nous utilisons les blogs et les réseaux sociaux comme "le" moyen de communication qui nous permette de rétablir des vérités, de vérifier les infos, d'exprimer nos opinions car nous estiment que nos positions sont volontairement ignorées par les médias traditionnels ».

La France, dit-on, est le pays de la liberté. Dans le domaine des idées, cela reste à démontrer. Car tout se passe comme si un petit milieu détenait les clés de la vérité. Et ceux qui contestent son monopole sont victimes d’une censure insidieuse, qui les réduit au silence. Sur la scène politique, culturelle et médiatique, ce terrorisme intellectuel s’exerce depuis cinquante ans.

En 1950, les élites exaltaient le paradis soviétique et chantaient la louange de Staline. En 1960, elles assuraient que la décolonisation suffirait à garantir le bonheur des peuples d’outremer. En 1965, elles s’enflammaient pour Fidel Castro, Hô Chi Minh ou Mao. En mai 1968, elles rêvaient de libérer l’individu de toute contrainte sociale. En 1975, elles saluaient la victoire des communistes en Indochine. En 1981, elles croyaient quitter la nuit pour entrer dans la lumière. En 1985, elles proclamaient que la France devait accueillir les déshérités de la terre entière. Dans les années 1990, l’idéologie libertaire et l’ultralibéralisme se rejoignaient pour affirmer que le temps des nations, des familles et des religions était terminé.

Pendant cinquante ans, les esprits réfractaires à ces positions ont été victimes du terrorisme intellectuel, car ils ont été traités de réactionnaires, de fascistes, de capitalistes, d’impérialistes, de colonialistes, de racistes, de xénophobes, d’obscurantistes ou de partisans de l’ordre moral, même quand ils ont eu raison avant tout le monde.

Le terrorisme intellectuel est une mécanique totalitaire. Pratiquant l’injure, l’anathème, le mensonge, l’amalgame, le procès d’intention et la chasse aux sorcières, il fait obstacle a tout vrai débat sur les questions essentielles qui engagent l’avenir. Quand on se sera enfin débarrassé de telles méthodes, la France redeviendra le pays de la liberté.

Nous nous voulons porteurs d'une vision spécifique de la production et de la diffusion de contenus :

  • une vision détachée du modèle commercial dominant et des intérêts financiers – ainsi peuvons-nous être définis par notre statut associatif et même coopératifs, sans but lucratif. Nous n'acceptons la publicité que selon des principes éthiques.

  • une vision détachée des carcans éditoriaux – formats et contenus – induits par les impératifs commerciaux et financiers. Notons que ces carcans sont généralement formalisés dans les écoles de journalisme et constituent la base de la définition du métier de journaliste. Aussi le média citoyen est-il porteur d'une autre définition de la mission journalistique. D'où la volonté d'acteurs de définir aujourd'hui la notion de « journalisme citoyen ». Les médias que nous sommes sont composés de contributeurs, professionnels et bénévoles, qui adoptent les postures essentielles de la déontologie journalistique dans ce qu'elle porte de plus noble sans accepter les dérives des pratiques induites par la dimension commerciale des médias dominants.